Je n'ai plus supporté d'être loin. J'ai attendu minuit et demi, pris mon sac, fourré deux trois trucs inutiles. Capuche rayée. Pas de louve prête à tuer. Passer le portail. Refermer derrière. Marcher vite, tête baissée. Le coeur qui bat à la chamade. La nuit dans l'illégalité est bien plus palpitante n'est ce pas. Chanter Vidéotape pour faire passer l'angoisse. Ville fantôme. Un chat noir et blanc qui me suit. Petite lampe de poche qui miaule entre mes chevilles. Je souris, lui parle. Il me suit. Encore trois, deux, une rue.
A ta fenêtre. Chuchotter. Deux cigarettes. Un flacon en bout de course.
Pour finalement m'endormir lentement, lentement, le nez dans ton cou, la main soulevée par ta respiration, ébouriffée par tes morsures. Pas de bruit. Tousse en silence, chérie. Aimantée par tes bras. C'est vrai que c'est gênant. Moi j'adore ça. Peut-être que toi moins, mais peut m'importe, parfois j'aime être égoïste, pour le plaisir de te sourire à la Alexandre Delarge. On vit différament la nuit, ce sont d'autres sentiments, d'autres sens. Le réveil, c'est épuisant à la fin. Lever, recoucher, rattraper, rallonger, retenir, debout, plus vite, gros lard, chérie, amour, gros lard. Bataille de regards, chamailleries, plus ou moins volontaires, et c'est reparti.
Je l'aime de pire en pire.